Pour ceux et celles qui n’ont pas la réf :
Oui, je vais faire l’ancienne combattante dans cet article. J’ai commencé à enseigner à la rentrée 2006, après avoir été stagiaire l’année précédente 🦕
Jusqu’à récemment, j’avais vécu 4 moments que je définirais comme clés qui ont révolutionné (n’ayons pas peu des mots) mes pratiques au niveau du numérique et de tout ce que ça m’a ouvert comme possibilités d’exploitations et d’activités 🙌🏻
Je me suis replongée dans mes archives pour les photos et retrouver les années concernées.
- La première révolution, dès ma première année d’enseignement en 2006, fut l’ajout d’un lecteur DVD dans ma salle. Avec prise USB en façade, s’il vous plait, c’était tout l’intérêt de la chose. Je me souviens encore du prix d’achat : 40 Euros de ma poche sans hésitation pour un modèle de base. Je téléchargeais une vidéo sur internet, que je convertissais dans plusieurs formats (pour multiplier mes chances que ça fonctionne) et je l’amenais au collège sur une clé USB. La qualité était bof quand j’y repense comparé à aujourd’hui évidemment, mais c’était déjà génial de pouvoir étudier des extraits vidéos, des pubs… que sans ça, je n’aurais jamais pu utiliser en classe

- Puis arriva au collège un vidéoprojecteur. À l’époque, notre principal adjoint était venu me prendre en photo et je m’étais retrouvée sur le document de présentation du collège, j’avais à l’époque bidouillé un système pour créer un stylet avec une manette de Wii, admirez cette installation 🤩

Rapidement, on a eu le vidéoprojecteur sur roulettes avec ordinateur et enceintes intégrées :

Et à partir de mes photos de 2012, on constate l’arrivée d’un ordinateur et d’un VPI dans chaque salle, avec stylet, Workspace… Quel bonheur à découvrir et à utiliser !

- Ensuite, nous avons basculé dans une autre dimension avec le début des équipements individuels, dans mon collège une valise de 16 iPads 2. Génial à utiliser mais chronophage, il fallait les emmener chez moi pour les mettre à jour, gérer la Wifi, la maintenance…

- Puis arrivèrent, financés par le département, les différentes générations de chariots mobiles de 16 mini-PC reliés à la Wifi du collège (enfin)


Mais ces révolutions techniques au service de mes pratiques, espacées de quelques années, c’était avant. Avant l’arrivée de l’IA. En quelques mois cette fois, 4 nouvelles révolutions ont eu lieu selon moi.
- La première fut l’essai en 2023 de la version test de ChatGPT, déjà bluffant.
- Puis arriva Mizou, le rêve pour n’importe quel prof de langue ! Plus besoin de se démultiplier 25 fois, Mizou simule des conversations écrites entre l’élève et le chatbot, qui incarne n’importe quel rôle qu vous lui donnez via des prompts 🤩

- Je pensais naïvement que là, on avait atteint le summum pour un moment. Et bien non ! Lors du séminaire des IAN de langues vivantes, à peine 15 jours après avoir testé Mizou, je m’attendais à tout sauf à prendre une autre claque monumentale, avec l’intervention d’Hervé Fleury sur « Travailler l’oralité avec ChatGPT » suite aux TraAM de l’académie de Rennes. C’était Mizou, mais à l’oral, via la fonction orale avec Chat GPT. Il me sufisait de reprendre mon scénario et de le copier coller, et l’élève n’a plus qu’à converser avec l’IA.

- La dernière claque en date que j’ai prise fut l’utilisation de casques de réalité virtuelle au collège, j’en ai parlé dans cet article. J’en avais rêvé, les casques l’ont fait : faire revivre la performance de 1974 de Philippe Petit à mes élèves.

Quand l’IA fonctionnera dans ces casques, qu’un scénario s’adaptera en temps réel à ce que les élèves diront et feront (et croyez-moi, ça arrive), ça, ça sera la nouvelle révolution !
